Intervention du DR PHAN
Pédopsychiatre, responsable médical du centre Émergence Tolbiac Paris
Les addictions : une approche médico-psychologique des démarches
thérapeutiques
Pourquoi et quand se préoccuper des adolescents ?
90 % des adolescents ont eu un contact avec la drogue, un élève sur 2 consomme du
cannabis, très grand difficulté à dire « non », exposition au danger très important,
marketing très fort actuellement,(l’addiction rapporte financièrement).
La consommation de cannabis concerne actuellement 300 000 jeunes au quotidien pour
le s 12-25 ans, avec une augmentation très forte pour la cocaïne de 1 à 3 % d’essai à
l’âge de 17 ans.
Le problème du parcours de l’adolescent : La majorité d’entre eux, s’arrêteront à l’âge
adulte sauf pour les consommateurs de tabac, il est donc nécessaire de s’attacher au
parcours de ces jeunes :
• Problème de liens à l’adolescence avec les parents, ce qui met en péril la
scolarité, il faudra du temps pour retrouver le lien.
• Comment accompagner les parents dans cette phase : s’appuyer sur leur
compétence et sur les tiers médiateurs (équipe de soin médico-sociale)
• 80% des adolescents n’ont jamais consultés
• Un repérage précoce est absolument nécessaire (outil BD Manga, conte moral en
cours de validation, les adolescents ont adoptés ce support immédiatement et
sont allés sur la partie émotionnelle du Manga (à quoi sert la tristesse sur le plan
individuel et sur le plan sociétal)
• Problème du jeune qui a consulté x fois des thérapeutes : le jeune raconte une
histoire toute faite car le thérapeute veut faire « son « évaluation, il est
indispensable de modifier ces pratiques avec les jeunes consommateurs, et
mettre en place des stratégies d’alliance avec l’adolescent mais pas de « copaincopain
», travailler sur ce qu’il veut en terme d’objectif, sur les changements
possibles et leurs consolidations, utiliser au bon moment le travail en thérapie
familiale
La consommation d’alcool chez les jeunes :
« Le Binge Drinking » associé à la consommation de red-bull-coca.
L’association de ces boissons permet une plus grande absorption d’alcool car il y a une
baisse de la vigilance, une désinhibition importante (ne plus avoir peur d’autrui), mais
impossibilité d’entrer en contact réel voir physique et émotionnel avec l’autre
notamment du sexe opposé).
L’addiction devient alors une perte de liberté.
La consommation du tabac : Composante anxio-dépressive (risques qui apparaissent
plus de 20 ans après), les fabricants rajoute de l’ammoniac pour créer cette
dépendance)
Les jeux vidéos : Les consultations sont de plus en plus importantes (first person
shooter).
Trois aspects intéressent l’adolescent :
• le monde nouveau (fantastique)
• être le plus puissant (expérience)
• une communauté (protection solidarité)
• aspect a-temporel du jeudi
• dimension affective (reconnaissance via leur personnage, création de liens et de
communication, idée de la liberté)
Quand faut-il s’inquiéter ?
L’usage du jeu n’est pas forcément problématique, cela dépend de la fréquence.
La dépendance aux effets : le jeu devient dangereux car on perd la capacité à gérer ses
émotions c’est le phénomène du « craming » appétence très forte qui anhile le cerveaucortical,
il en va de même pour les autres addictions, les drogues altèrent la volonté, le
système cortical aura du mal à résister (surtout pour la cocaïne), plus l’adolescent est
en situation de vulnérabilité, en difficulté d’élaboration,ou présente une pathologie
psychiatrique, plus il est en risque.
Les transformations physiques :
Il y a un impact psychologique des transformations physiques, sur les attitudes de
l’adolescent, sur l’image de soi, sur les relations inter-personnelles.
Au début de la consommation l’adolescent prend un produit pour aller mieux, ensuite
pour ne pas aller mal.
Les capacités intellectuelles nouvelles :
• capacité d’abstraction
• le raisonnement hypothéticodéductive-déductif,
• la logique formelle
L’adolescent se sent alors capable de penser le monde
Contact avec M. Phan : olivier.phan@imm.fr
L’ensemble de la conférence détaillée est en ligne sur le site de l’ESEN